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Techniques de la photo

La lutte fraticide entre logiciels de traitement de photos raw

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 Quand l’informatique n’était qu’à ses balbutiements

La photo est un art qui à l’époque de l’analogique demandait des moyens et du talent. D’avoir aussi le sens inné de la composition et le don d’observation. Avoir l’œil du photographe en quelque sorte. Dans la pratique, la maîtrise de la lumière, le temps d’exposition, le cadrage, le choix de la pellicule, tout cela devait être apprécié au préalable à la prise de vue. Il n’y avait pas de droit à l’erreur. C’était réussi ou raté. C’était des clichés réflexes, d’instinct où contrairement à aujourd’hui on n’était pas soumis au droit à l’image. Les procéduriers n’étaient pas à l’affût, prêts à poursuivre le contrevenant. Le baiser de Doisneau ou les photos de rue de Viviane Maier en sont la preuve.

photo deco article

A contrario à l’époque, internet n’existant pas, ils n’avaient pas la possibilité de diffuser largement leurs tirages d’autant plus que le coût était élevé. Autre privilège sur les pionniers de la photo, la mise à notre disposition d’une large information sur le Web des techniques de la photo et de l’exploitation de celle-ci sous des formes diverses. Malgré cela, leurs clichés en noir et blanc restent des exemples de beauté et de simplicité.

 des réticences à surpasser ce sacrilège de bidouiller les photos

Les nouveaux pros de la photographie estiment être les héritiers de ces grands maîtres, pourtant rien n’est tout à fait comparable.
Aujourd’hui, on est des petits veinards. La technologie peut faire de nous des artistes sans que nous ayons le ¼ du talent des photographes de l’époque. Pour convaincre les nostalgiques de l’analogique, qui s’insurgent de voir une photo dénaturée par un logiciel, les spécialistes précisent que lors du développement de la pellicule, des corrections étaient généralement apportées avant le tirage papier. Ce qui nous rassure et justifie à nos yeux ces corrections logicielles, qui pourtant ne s’apparentent pas vraiment aux quelques améliorations que pouvaient faire les anciens en développant leurs pellicules.

On mesure difficilement les prouesses techniques qui ont dû être réalisées pour transformer un processus chimique en un processus analogique puis numérique. Processus qui serait contraire à notre logique humaine. Que cela ne nous inquiète pas trop. Ce sont les concepteurs de l’appareil photo moderne qui se sont heurtés à cette difficulté en arrivant fabriquer des capteurs qui soient capables d’enregistrer les couleurs et transforment la lumière reçue en charges électriques qui génère à leur tour un fichier Raw exploité par le processeur qui produit le JPEG.

Les professionnels de la photographie d’alors ont bien souvent tardé à faire le grand saut, convaincus que le numérique n’était qu’un gadget de plus, qui n’avait pas d’avenir. C’était l’époque où personne, ou presque ne percevait l’avenir de l’ordinateur individuel, du web et du numérique.

 l’avènement du Raw et des logiciels de développement

En l’an 2000 c’est aussi l’avènement du RAW, directement exploitable à partir de nos appareils photo. Il nous a donné la possibilité de sauver et d’exploiter des photos qu’hier, en JPEG, on aurait dû mettre à la poubelle. Heureux, ceux qui ont eu la jugeote, à cette époque de commencer à utiliser le RAW associé au JPEG, au lieu de se limiter au JPEG. S’il était difficile de trouver un logiciel efficace apte à traiter ce format en ce temps-là, aujourd’hui c’est la pléthore. Aperture et Lightroom ont été les premiers, dans les années 2003, à permettre d’exploiter de façon rudimentaire ces fichiers bruts. À l’époque il existait de nombreux blocages : le poids des fichiers, le coût encore élevé du stockage et les balbutiements des logiciels. Aujourd’hui nous n’avons plus ces excuses, et les pros de la photographie se battent sur internet pour vanter les mérites de leur logiciel fétiche et bannir les autres, au risque de limiter leur savoir-faire à la bonne connaissance de la dernière nouveauté de leur joujou. Il n’est pas question de nier l’utilité de ces logiciels indispensables pour donner vie à ces fichiers bruts que sont les Raw. Ils permettent de personnaliser nos photos et gérer le nombre infini de possibilités que nous offre le Raw et ses composantes techniques stockées lors de la prise de vue.

En parcourant le web, on ne sait plus à quel saint se vouer. Si la star du podium est encore Lithroom, menacé par Capture One, DXO PhotoLab et Luminar, personne n’est d’accord sur le nom du leader. Le plus ancien Lightroom, subit beaucoup de mauvaises critiques, il semble rester de marbre. Ses qualités ne sont pas contestables, performances et facilité de prise en main sont au rendez-vous avec un atout majeur qu’offre son vrai catalogage intégré, qu’aucun autre logiciel ne peut proposer. DXO PhotoLab et Luminar s’y sont résolus alors que Capture One offre un embryon de catalogage. Les gratuits de leur côté sont de plus en plus utilisés en raison de leur qualité accrue. Ils rivalisent avec les logiciels payants. La comparaison et leur efficacité n’étant pas toujours à l’avantage des payants qui s’acharnent à rajouter des outils sophistiqués dont l’utilité n’est pas toujours évidente. Sachant que mes statistiques personnelles qui s’appuie sur pas grand-chose, me laissent penser que 30 voire 50 % de ces outils ne sont pas utilisés.
À côté de ces logiciels, de nombreuses plateformes se développent pour accueillir nos photos. Celles-ci offrent des outils plus ou moins performants pour recadrer, mais aussi pour améliorer les photos téléchargées. C’est un peu surprenant de ne pas penser à le faire avant. Bien sûr il ya les poids lourds Instagram et Facebook dans une moindre mesure, mais aussi Photos-Google. Flickr qui a connu ses heures de gloire semble décliner après avoir changé de main à plusieurs reprises. Le nombre de plateformes ne cesse de fleurir initiés entre autres, par les fabricants d’appareils photo ou par les fabricants d’outils de stockage. Personnellement, je préfère garder mon autonomie avec un site personnel, même si ce moyen n’est pas, de loin, le meilleur pour s’ouvrir au monde.

 Les bases de la photographie ne sont elles pas oubliées au profit de la correction logicielle

J’ai toujours aimé tester toutes sortes de logiciels et j’admire d’autant plus ceux qui nous consacrent beaucoup de temps à faire des vidéos pour nous aider à les utiliser. Lors de mon achat d’un reflex, j’ai pu rapidement m’adapter à son utilisation grâce à une dizaine de vidéos très complètes de « mon petit reflex » sur le Canon 70D. Chaîne qui s’intéresse à tous les domaines de la photo.
J’essaie de faire de même, modestement, en testant et comparant les nombreux logiciels de traitement du Raw et en parcourant le web pour connaître les avis émis sur ces différents outils.

Comme on peut s’y attendre, tout le monde n’est pas d’accord. Dans le domaine de la photographie, comme ailleurs, les avis sont souvent très tranchés. Si dans un premier temps Lightroom d’Adobe semble faire l’inhumanité, l’arrivée de logiciels comme Capture One, DXO PhotoLab et Luminar se disputent le leadership. Ce qui semble retenir les utilisateurs de Lightroom c’est son catalogage performant que l’on ne retrouve pas ailleurs, qui simplifie le travail quand la quantité de photos à traiter est importante. Au cours de mes recherches, j’ai découvert ON1 Photo logiciel cité par un forum instinct-photo en même temps que Acdsee et Affinity que personnellement je ne retiendrais pas. Alors qu’ON1 Photo rarement nommé mérite le détour. Inspiré de Lightroom tout en se distinguant sur de nombreux points il offre de nombreux outils que j’ai étudiés superficiellement. Il possède un outil de débruitage comme DXO et récupère les données de tri de Lightroom. Le forum instinct-photo dont un membre est fan le décrit très bien malgré quelques décalages avec l’actualité en raison de l’ancienneté du post. À noter que ce forum affiche également une collection de superbes photos. Il émet aussi un avis sans doute pertinent où il regrette que l’on rechigne à payer un logiciel alors que l’on dépense une fortune en objectifs. Pour lui, c’est une erreur . Il lui semble que l’abonnement est la solution pour permettre de développer des logiciels et assurer la pérennité dans le temps des entreprises et des logiciels.

 Les logiciels gratuits

N’oublions pas le gratuit, car contrairement à la l’idée négative que l’on se fait parfois du gratuit on voit que dans le domaine de la bureautique Libre Office et OpenOffice logiciels de traitement de texte et tableurs sont performants. Dans le domaine de la photo, Darktable qui a souvent la préférence, passe pour beaucoup comme incontournable. Il est concurrencé par RawTherapee et le petit dernier issu du même moule ArtTherape ou encore nommé AnotherTherapee. Personnellement je suis un adepte de ce dernier pour 2 raisons. La première est qu’il est le seul avec Lightroom à accepter mes fichiers Raw, CR3 de Canon et RW2 de Lumix. La seconde c’est qu’il donne un accès direct aux images dans leur dossier d’origine sans être obligé de charger celles-ci dans le logiciel. Pour Lightroom l’obligation du chargement se justifie pour alimenter le catalogage. Une bascule à partir de Lightroom est prévue vers DXO, Photomatix pro et Luminar. Ce qui n’est pas le cas pour Capture One. Bascule qui conforte la position du logiciel d’Adobe. Luminar offre la possibilité de transférer la photo vers smugmug, interface de stockage payante.

Dartable accepte le RW2, mais ne reconnaît pas le CR3 de Canon. Il devrait l’être dans une prochaine version en 2022. Sa nouvelle mise à jour est redoutablement efficace et d’une utilisation très claire. S’il existe un catalogage basique, il est loin d’être aussi performant que celui de Lightroom. Les commandes sont explicites, mais comme avec RawTherapee la diversité de celles-ci finit par rendre son utilisation déroutante. Un approfondissement de chaque groupe de commande est nécessaire pour s’approprier ce logiciel et le maîtriser pour gagner en efficacité et ne conserver que les outils qui nous semblent nécessaires. Sa mise en avant par de nombreux photographes comme le meilleur gratuit est sûrement justifiée. D’ailleurs, je compte bien m’y pencher quand il acceptera le dernier format de Canon. Le reproche que je peux lui faire c’est de ne pas permettre d’accéder directement au dossier photos de l’ordinateur. Il nous oblige à télécharger les photos. Personnellement j’ai adopté ArtTherapee en raison de son interface plus claire aux commandes compréhensibles rapidement. Les résultats que j’ai obtenus me satisfont pleinement comparativement aux logiciels payants, pourtant j’hésite encore à faire le saut pour Lightroom en raison de son catalogage, du traitement du Raw que j’ai pu apprécier et de son association avec Photoshop.

 Les logiciels payants

Les essais que j’ai pu faire avec Capture one m’ont donné l’impression de découvrir un outil performant et complet concurrent sérieux de Lightroom il accepte les formats Canon, même si à l’origine ce logiciel était orienté Nikon. Il ne reconnaît pas celui de Lumix. Le catalogage semble efficace, mais moins performant que celui de Ligthroom. Contrairement à la majorité des autres logiciels, il est nécessaire de générer une importation qui peut s’avérer longue pour la totalité d’une collection (plus que pour Lightroom). L’exclusion des doublons peut être une option intéressante. L’acharnement d’un adepte de Capture One à démolir Lightroom dans une vidéo m’inciterait même à fuir ce logiciel. Je ne suis qu’un amateur légèrement « éclairé » incapable d’analyser les fonctionnalités d’un logiciel avec tant de précisions. Néanmoins, l’expérience m’a souvent démontré que la modestie est souvent l’apanage des génies. Le noble art de la photo mérite mieux que cela même si des débats sur la qualité d’une photo sont nécessaires pour progresser et les critiques comparatives de logiciels sont utiles pour faire un choix. En effet comme beaucoup l’affirment pour gérer un grand nombre de photos il est difficile, voire impossible, de naviguer entre plusieurs logiciels, la guerre commerciale avec ses excès est donc inévitable.

Luminar lui aussi décrié par certains et apprécié par d’autres n’est pourtant pas inintéressant. Il a d’ailleurs ses adeptes pas uniquement pour ses ciels. Sa politique d’être facilement accessible à tous, d’avoir une interface simplifiée et rapidement compréhensible peut donner aux pros des pros l’impression d’avoir affaire à un ersatz de logiciel. Pourtant cette société développe un grand nombre de logiciels complémentaires et indépendants qui semblent appréciés des professionnels. Diversité qui peut aussi en décourager d’autres.

DXO PhotoLab en plus d’être français offre l’avantage d’accéder directement et rapidement aux photographies des dossiers d’origine comme ArtRawTherape et RawTherapee, avec plus de lenteur. C’est moins lourd que Capture One mais offre néanmoins beaucoup d’outils performants. On le limite souvent à sa capacité de réduire le bruit des photos. Personnellement, j’ai bien aimé m’en servir et j’ai été un temps tenté de l’acheter. Sans doute un peu inconstant, j’en ai découvert d’autres logiciels depuis qui m’ont apporté plus de satisfaction dans le traitement de mes photos.

 Les logiciels des constructeurs.

Utilisateur d’un canon j’ai obligatoirement expérimenté et utilisé longuement le DPP de Canon. Très bon logiciel mais qui n’apporte pas toutes les possibilités des logiciels disponibles sur le marché gratuits ou payants. Par contre il offre des outils spécifiques aux reflex de la marque, des outils de rapatriement des photos et une palette d’outil de correction de base plus que correctes.

Preuilly sur Claise et son Histoire